Archipel des îles Saint-Pierre et Miquelon

Mémoire illustrée d'un patrimoine bâti

Archipel des îles Saint-Pierre et Miquelon - Mémoire illustrée d'un patrimoine bâti

Présentation

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M. Jean Claireaux

Né en 1942 à Québec, où son père étudiait les sciences sociales et politiques à l’Université Laval, Jean Claireaux n’a vécu que ses six premières années à Saint-Pierre-et-Miquelon. Mais l’on peut dire que ses racines y sont malgré tout profondes, puisque sa famille des deux côtés, Claireaux et Deminiac, est à Saint-Pierre depuis trois générations.

Son père, Henri Claireaux, fut sénateur des îles Saint-Pierre et Miquelon pendant vingt-deux ans et Président du Conseil Général pendant huit années. Avec en plus toute sa famille à Saint-Pierre, il ne pouvait pas s’empêcher de s’y intéresser.

Dans les bras de sa tante Jeanne Fontaine un dimanche de famille dans les années 1940.

Dans les bras de sa tante Jeanne Fontaine un dimanche de famille
dans les années 1940.

Arrivé en France à Asnières, dans la banlieue de Paris, ce fut un premier contact avec la France d’après-guerre. Plus de la moitié de la rue où il habitera avait subi les bombardements. Ce fut pour lui le premier lien avec «la maison», dont il sera plus tard passionné. Il jouera une partie de son enfance dans ces ruines, où il développera son imaginaire sur ce que l’on appelle l’âme d’une maison. Dans ce quartier pavillonnaire, aux maisons en pierres de meulière, il les admirait toutes et chacune, observant leurs différences, tout en rêvant d’habiter l’une d’elles. Les magnifiques villas de Saint-Malo-Paramé, où Jean passa de nombreuses vacances, ne firent qu’augmenter sa passion. Passion qu’il commencera à exprimer en construisant des maisons avec des allumettes.

Jean retourne au lieu de sa naissance à Québec pour y travailler à l’Université Laval. Il découvre alors la maison québécoise, dont l’architecture est unique et variée. D’abord influencée par l’origine française, puis adaptée aux conditions climatiques, ce qui en a fait un style unique. Aimant dessiner, Jean fut vite appelé à exprimer sur papier ce style d’architecture, par des occasions qu’il aura d’illustrer, pour des amis ou la parenté, la maison du père ou du grand-père, bien souvent disparue.

Avec ses frères dans la cour arrière de la maison Apesteguy.

Avec ses frères dans la cour arrière
de la maison Apesteguy.

Après de nombreuses années, lors d’un voyage à Saint-Pierre, il redécouvrira l’Archipel. Le gris des maisons a laissé place à une multitude de couleurs, donnant à la ville une impression de fraîcheur. Mais le style des maisons a changé. Outre la couleur qui est une bonne chose en soi, la fenestration est modifiée. Les fenêtres françaises et à guillotine disparaissent, ainsi que les lucarnes sur les toits. Le bardeau du toit a fait place au bardeau de bitume et les tambours se font de plus en plus rares. La maison Saint-Pierraise tend à disparaître. C’est aussi cette année-là, 1980, qu’il voulu faire une visite, pour la première fois, sur l’Île aux Marins. En effet, en 1980, rien n’avait encore été fait. C’est avec beaucoup d’émotion que Jean découvrit l’Île avec ses maisons de pêcheurs authentiques, mais dans un état d’abandon avancé. Il n’oubliera pas la vue de ces maisons aux toits effondrés, aux murs ouverts, aux fenêtres brisées et aux portes défoncées.

Avec son épouse sur l'Île aux Marins en 1980.

Avec son épouse sur l’Île aux Marins
en 1980.

De retour à Québec, Jean se mit à fouiller dans ce qu’il possédait comme documentation photographique sur l’Archipel. C’est dans le livre d’Aubert de la Rüe, datant des années trente, qu’il fut impressionné de voir, dans une rangée de maisons, autant de diversité dans le style d’architecture, et cela pour une si petite île. De là parti son désir d’illustrer ce patrimoine Saint-Pierrais qui disparaissait si vite. C’est dans ces circonstances que Jean fit la connaissance de madame Augusta Lehuenen, qui, avec son frère Joseph Lehuenen, envisageait de faire revivre la mémoire du patrimoine de l’Île aux Marins. Ce fut donc à partir de là que Jean se mit à illustrer le patrimoine bâti de l’Archipel d’après des photos personnelles, les collections Thomas et Dhoste, et les archives du Musée de l’Arche. Autodidacte, il utilisera en premier la mine de plomb, et par la suite la peinture à l’huile, cherchant toujours à reproduire le plus possible l’original de ses sujets. Tout ceci l’amènera également à participer à la Philatélie de l’Archipel, où il réalisera une trentaine de timbres, dont, entre autres, une série sur les fermes, les naufrages et les tambours.

Jean et sa mère montrant ses maisons en allumettes.

Jean et sa mère montrant ses maisons en allumettes.

Pour Jean, l’occasion s’est présentée de mettre sur internet son travail de plus d’une décennie. C’est donc avec grand plaisir, et sans aucune prétention artistique ou d’architecte, que Jean vous illustre sur ces pages, ce patrimoine bâti dont on aimerait garder la mémoire, puisque, malheureusement, une part importante en est déjà disparue.

En 2007, pour l'inauguration de la Place Henri Claireaux.

En 2007, pour l’inauguration de
la Place Henri Claireaux.

Jean remercie sincèrement tous ceux qui ont permis la réalisation de son travail, par leurs contributions sur l’information, la documentation et la diffusion de ces illustrations. Mme Augusta Lehuenen, la collection Andrieux du Dr Thomas, la collection du Dr Dhoste, le Musée de l’Arche, M. Yvan Doyon, Mme Lise Doyon, ainsi que M. Frédéric Cunningham. Également, à titre posthume, M. Joseph Lehuenen et M. Louis Quédinet.


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